Secteur institutionnel

RENCONTRE AVEC DANIEL BOISSON, Président du GEP

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  • Publié le 14 novembre 2011

Beaucoup s’accordent à dire que les regroupements de professionnels sont trop rares à La Réunion. Dans un secteur touché par une crise et une mutation profonde, le GEP, constitue une plateforme d’échanges et de dialogue inventive qui tend à favoriser les initiatives privées par la défense d’intérêts communs. Vaste programme pour cette association et son nouveau président !

Co-fondé par Georges Latérade – ancien manager de Baster ayant récemment quitté l’île - et Daniel Boisson, gérant de JBE Mizik, cette structure a pris son envol en 2006. « L’idée de se regrouper vient du besoin que chacun éprouve à échanger pour affronter les difficultés communes », explique Daniel Boisson, qui était à l’époque secrétaire-trésorier de l’association. A l’aube de la crise du secteur phonographique réunionnais, cette initiative fût en effet très bien accueillie et réunit à l’époque une vingtaine de producteurs réunionnais parmi lesquels certains exerçant dans le disque, d’autres dans le spectacle vivant. Valorisant une identité commune aux producteurs de la place, le GEP organisa dès 2007, avec le soutien du PRMA, des déplacements sur des salons professionnels internationaux : Womex et Babel Med Music. Le départ de Georges Latérade et l’effondrement du marché scellèrent le sort de ce regroupement qui resta inactif deux années durant avant que Daniel Boisson ne relance la machine.

Passer la seconde

« En 2009, j’ai provoqué une Assemblée Générale Extraordinaire, explique Daniel. J’ai posé les deux options sur la table : soit suspendre définitivement l’activité de l’association ; soit reprendre des engagements quant à ses actions et son fonctionnement. La deuxième option a été retenue ». Prenant la présidence du GEP, Daniel Boisson prépare en 2010 le terrain aux actions menées en 2011. « Il fallait relancer l’association, mettre à plat les dossiers et reconquérir la confiance et l’implication des membres ». Le travail s’avère payant, le GEP comptant aujourd’hui 15 membres : « Beaucoup ont hésité avant de nous rejoindre. Certains se demandaient si le GEP allait vraiment remplir ses missions. A quoi servirait-il ? Il faut dire, qu’entre la relance de l’association et aujourd’hui, la crise du disque a fait son effet et les professionnels ont vite compris l’intérêt de se regrouper pour affronter les bouleversements économiques du secteur. »

Le métier de producteur

Ce qui semblait être un phénomène global épargnant le marché local s’est en effet aujourd’hui confirmé à La Réunion. « Même si elle est arrivée en retard, la crise est là, explique Daniel. Aujourd’hui les artistes populaires peinent à écouler 5000 copies là où, fut un temps, ils vendaient 10 000 exemplaires de chacune de leurs sorties ». Cet effondrement a des conséquences : « Un album se rentabilise en général autour de 2000 exemplaires mais certains ont baissé ces seuils en allant produire ailleurs… Cette crise dissuade aussi les producteurs d’investir sur de nouveaux artistes ce qui pénalise leur émergence ». Loin d’attribuer au seul piratage l’effondrement des ventes, Daniel Boisson pointe du doigt les modes de consommation musicale des clients, de moins en moins attachés à l’objet mais aussi les difficultés que rencontrent les producteurs dans les réseaux de distribution physique. « Les vrais disquaires ont disparu et la grande distribution a repris la main. Son mode de fonctionnement n’est pas toujours adapté aux produits culturels », déplore-t-il. Quant au digital « c’est une jungle où il est difficile de s’y retrouver et de rentabiliser ses investissements ». A terme, Daniel Boisson pense que ce mode de distribution subira lui aussi des phénomènes de concentration.

Agir

Partant de ce constat et de la nécessité d’entrer en action, le GEP a lancé des pistes de réflexion. Un des gros chantiers que se sont fixés les membres du GEP est d’interpeller les collectivités locales sur le fonctionnement et l’impact économique de la filière « Nous avons pris contact avec La Région Réunion qui réfléchit d’ores et déjà à un dispositif d’aides aux entreprises culturelles ». Le secteur culturel subventionné reste en effet l’apanage des associations loi 1901 alors que les entreprises oeuvrant dans d’autres secteurs peuvent toucher les aides des collectivités publiques. « En la matière, explique Daniel, le repositionnement de la Région sur cette question est fondamental car il permettrait d’ouvrir l’accès aux subventions pour les entreprises culturelles auprès de toutes les autres collectivités territoriales ». Le GEP entreprend par ailleurs sur cette année 2011 des opérations de sensibilisation et de communication : soutien aux Voix de l’Océan Indien, action sur le IOMMA, réalisation d’un spot TV sur les dangers du piratage…

Plus d’infos : www.gep974.fr // 06 92 86 49 25

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