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Jah Jah Records

Installé dans le cirque de Cilaos, le collectif Jah Jah Records a trouvé son havre de paix pour créer un roots-rock-reggae de qualité tout en vivant en harmonie avec les préceptes rastafariens.
Ils ont débarqué à La Réunion voici une dizaine d’années. Mais c’est à l’îlet à Cordes, au cœur du cirque de Cilaos, que le collectif Jah Jah Records s’est bâti il y a sept ans un havre de paix.
Une communauté d’esprit
Les trois pionniers, à savoir Ben I Jah, Elvijah et Aimejah, y ont trouvé leur coin de paradis. Un lieu isolé en pleine nature, propice à la création d’un bon roots-rock-reggae et à une vie en harmonie avec les préceptes rastas : on ne se coupe pas les cheveux, on mange végétalien, on bannit l’alcool, on surveille son langage… Ce lieu qu’ils ont patiemment apprivoisé, labourant la terre juste ce qu’il faut pour planter leurs fruits et leurs légumes, ils l’ont appelé la « sphère Holy Place ». Quant à leur groupe, ils l’ont symboliquement nommé Miohjah : « Nouveau Jour » en langage jahjahcomojah. Dès lors, la communauté s’est rapidement étoffée.
Un studio
« En 2005, nous avons créé le studio analogique Jah Jah Records, explique Ben I Jah. Pas mal d’artistes nous ont alors rejoints : Profeesee, Ras Patat, Ras Son, Ras Holy Vi Jah, Karl, Ghettoman, Davina, Yvan, Sy… A cette période, Miohjah a compté jusqu’à d’une dizaine de musiciens, dont quatre chanteurs ! »
Une époque faste, où le collectif travaille sans compter, enregistre une tapée de titres et signe les deux premiers albums aux couleurs du studio : « Love, Elvijah with Miohjah » (sorti en mars 2007) et « Ben I Jah meets Miohjah at Jah Jah Records » (enregistré en 2004 mais sorti seulement en 2008).
« On a commencé avec un huit pistes à bandes avant d’évoluer vers un seize pistes, souligne Ben I Jah. Le côté artisanal, c’est notre marque de fabrique. On prend le temps de faire les choses. Faire un mixage dub, enregistrer une batterie pendant quatre minutes, ce sont des défis, mais c’est ce qui nous plait dans la musique. »
Depuis la sortie de ces deux albums, Miohjah a encore évolué, confirmant son statut de collectif mouvant au gré des rencontres, des départs et des retrouvailles. Le groupe est désormais constitué de Marcus Jarvis (batterie sur scène), M’gné (percussions), Elie (guitare), Ben I Jah (chant, basse) et Elvijah (chant, guitare). Aimejah, lui, est parti sur un projet plus personnel. Mais son premier album, « Rainbow Time », sorti fin 2008, a été enregistré et produit au studio.
« Elvijah est la seule qui tourne sur scène, reprend Ben I Jah. On espère sortir son deuxième album en fin d’année. Ce sera un peu plus électro mais sans tricher. Le but est de faire plus de dates hors de la Réunion avec un budget abordable… »
Un lieu de rencontre
Prioritairement dédié aux musiciens du groupe, le studio accueille aussi pas mal d’artistes extérieurs qui viennent répéter ou enregistrer. « On est ouvert à tout le monde, mais on préfère accueillir des groupes déjà aguerris, tempère Ben I Jah. Il faut qu’ils aient une expérience du micro, du casque… Si un artiste veut travailler avec nous sans un minimum d’expérience, on préfère l’envoyer faire ses gammes en home-studio avant de l’accueillir à nouveau. On n’envoie personne au casse-pipe. » La liste des grands noms qui sont passés ici témoigne de cette exigence : Ras Daniel Rae, The Congos, Winston Mc Anuff, le Sound System d’Israël Vibration… Dernière rencontre en date : Daddy Happy, un Guyanais résidant à Mayotte, qui vient d’enregistrer son premier album au studio pour une sortie en juin à La Réunion. Distribuée par les petites mains du collectif, la galette a tout de même été tirée à un millier d’exemplaires, le standard du label. Artisanal, mais résolument ambitieux !
Contacts : www.kultureunion.com - www.myspace.com/elvijah7 - miojah@yahoo.fr - 06 92 01 02 48.


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