Styles musicaux

Les Musiques électroniques, « beat génération »

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  • Publié le 26 janvier 2010

Les musiques électroniques à La Réunion sont composées d’une multiplicité d’univers musicaux. Cette pluralité explique la difficulté que peuvent rencontrer le public, les médias ou les institutions à appréhender ce courant musical finalement très récent. Cette diversité fait pourtant la richesse de ce mouvement et lui permet de s’imposer comme une tendance majeure du paysage artistique local. Voici en quelques lignes, un survol de la planète « électro » locale.

Univers « Electro »

Les musiques électroniques ou « electro » renvoient dans une acceptation générale aux musiques produites avec des instruments électroniques (synthétiseur, ordinateur, machines). Elles trouvent leurs origines dans les recherches sur les sons synthétiques et la musique électro-acoustique. Si elles sont largement utilisées dans les années 70 et 80 par le jazz (Herbie Hancock, Joe Zawinul…), la new wave (Depeche mode, New Order…) et le hip-hop (Afrikaa Bambaataa), le groupe allemand Kraftwerk contribue, à partir du milieu des années 70, à en faire un style musical à part entière. Les années 80 marquent le véritable développement de « l’électro » avec la scène techno de Detroit (Jeff Mills, Juan Atkins, Kevin Saunderson), le vivier house-music à Chicago, les scènes anglaises, new yorkaises et parisiennes. Le pic de « l’électro » se situe en France au début des années 90 avec l’émergence de DJs tels que Laurent Garnier et la poussée de la « french touch » (Daft Punk, Air..). Les styles, les scènes et les réseaux ont depuis explosé et les musiques électroniques constituent une galaxie de courants musicaux : breakbeat, techno, house, trance, jungle, hardcore, downtempo… [1]

Les grandes étapes

Malgré la difficulté à retracer l’histoire des musiques électroniques à La Réunion, on peut grossièrement dresser trois grandes périodes. Notons d’ores et déjà que leur développement a été facilité par deux facteurs : l’arrivée ou le retour (après leurs études…) d’artistes, d’organisateurs ou d’aficionados issus de métropole ; le développement d’Internet et des nouveaux modes de communication.

La première étape court du milieu de 1995 à 2000. Elle est marquée par l’influence de quelques DJs : DJ L’abuse, DJ Vré, DJ Lokal, DJ Bart et Nicox aka Pushykiller qui écument les scènes de l’île et montent les premières « teufs [2]. Les soirées Cosmic Vibrations favorisent par ailleurs l’émergence des musiques électroniques en proposant les premiers concerts à La Réunion de Jack de Marseille et Laurent Garnier. Les bars et les clubs ouvrent peu à peu leurs soirées aux DJs, à Saint-Gilles notamment (Le Choca bleu, La Tomate, Le Guest club…).

Les années 2000 à 2005 constituent la deuxième étape du développement de ces musiques à La Réunion. Elles présentent des caractéristiques dénotant d’une recomposition du paysage musical. Les lieux dans lesquels sont diffusées ces musiques ferment et laissent place à d’autres scènes : le Bug ouvre à Saint-Pierre, des bars de Saint-Denis ou Saint- Gilles programment des DJs sets… Outre l’arrivée de nouveaux DJs venus de métropole, Zong prend pendant ces années un tournant « électro » décisif. La scène des soirées en plein air se développe en parallèle : soirées de DJ Zen et DJ Goethe, des Soudures, des Fremen Process…

Les années 2005 à 2009 semblent quant à elles marquer un boom de « l’électro » réunionnaise. Une structuration du milieu s’opère autour d’organisateurs de soirées, parfois nés à La Réunion et issus du mouvement « électro » européen : dans des registres très différents, Sapoak, Freak Broza, La Clandestine, Tech tech… Les musiques électroniques font en outre l’objet de stratégies de récupération par des acteurs extérieurs au mouvement : clubs généralistes ouvrant leurs soirées à une programmation « electro » ; scènes de musique conventionnées programmant ou accompagnant des artistes « électro » ; soirées promotionnelles montées par les organisateurs issus du monde de l’événementiel : NRJ Party Mix, Keep In touch…. Ces années sont enfin marquées par l’émergence d’une production locale à part entière qui tente parfois la fusion entre les musiques locales et « l’électro » : Jako maron, Zorteil, Lo, Pushykiller, Red Richards, Do Pagaal, Atomic Scale….

Un mouvement, des courants

La complexité des réseaux et leur pluralité rend difficile l’appréhension du milieu « électro » local dans sa diversité. Cette dernière va au-delà de simples différences de styles. Qu’y a-t-il de commun entre un club saint-gillois et une free party en plein air ? Cette question pose une ligne de démarcation entre une « électro » exposée et exportée et une musique électronique plus « underground » affranchie des contraintes commerciales. Ces démarches différenciées ont leur pendant artistique puisque certaines musiques se retrouvent cantonnées à certains lieux : la jungle, la drum n’ bass, le hardcore et le dub step essentiellement dans l’univers des free parties et la house et les musiques plus accessibles en clubs, à Saint-Gilles notamment. Restent certaines passerelles allégrement empruntées par des artistes tels que Pushykiller, Zorteil, Dj Vague, Zon ou par des clubs « electro » comme le feu Bug et le S.A.V. à Saint-Pierre ou l’Embuscade à Saint-Gilles.

Système Diffusion

A La Réunion, l’économie du secteur est essentiellement dominée par la diffusion. Malgré leur succès et leur importance artistique et sociale, les soirées en plein air se constituent en dehors des réseaux commerciaux : elles sont la plupart du temps gratuites, la promotion se fait par le bouche-à-oreille, le matériel utilisé appartient aux organisateurs, les DJs ne sont pas payés…. A contrario les soirées en clubs, dans les bars ou dans les salles de concerts génèrent des recettes et des coûts de production. Le cachet varie énormément selon le lieu et la notoriété de l’artiste : de 100 euros à plus de 2000 euros par prestation. Les soirées dans un club peuvent atteindre plusieurs milliers de personnes et malgré un potentiel commercial réel, peu de discothèques ouvrent largement leur programmation à ce style musical. [3] Certains bars programment cependant des DJs en « warm up » ou en soirée : Ô Bar, L’Embuscade, Le Fashion…. Notons enfin que les viviers la culture « électro » se situent par ordre d’importance dans l’Ouest, le Sud et le Nord.

Promotion alternative

Beaucoup d’artistes « electro » regrettent le traitement réduit que leur réservent les médias. Les soirées sont en effet peu relayées par la presse locale et les musiques électroniques restent cantonnées à la sphère des médias culturels et spécialisés. Cela explique en partie la recherche de formes de promotion alternatives. Si les modes de promotion se sont longtemps concentrés sur le flyer, l’affichage et le bouche-à-oreille, Internet et les nouveaux modes de communication ont cependant modifié les façons de promouvoir les soirées. Les réseaux sociaux, les forums (Teufin 974 notamment), et divers blogs ont ainsi peu à peu pris le pas sur le support papier. La communication se fait parfois plus large, parfois plus ciblée selon le type de public visé mais elle demeure dans tous les cas plus efficace.

Une production naissante

On distingue en général les DJs qui dédient leur art à celui des autres (Seb the Player, DJ Abusor…) et les producteurs qui ne sont pas d’ailleurs pas forcément DJs (Jako Maron, Zorteil, DJ Rob, Psychorigid…). En l’espèce, les ventes de musique électronique réunionnaise ne sont pas significatives. On notera cependant la mise à disposition gratuite de mixes ou de morceaux qu’autorisent plusieurs artistes sur leurs sites Internet. Par ailleurs, quelques musiciens « electro » connus en dehors de l’île, ont sorti des maxis et des albums sur des labels français ou européens. Les musiques électroniques sont en outre souvent utilisées pour illustrer des spots publicitaires. Certains producteurs perçoivent donc des rémunérations au titre du droit d’auteur. De fait, il existe une proximité entre le monde de l’image et le milieu « électro ». Beaucoup d’artistes sont graphistes et tirent parfois leurs revenus de cette activité. Les sets électro sont aussi couplés avec des prestations V.J. – Video Jockey - réalisées par des graphistes, vidéastes et plasticiens.

Export et prise en compte institutionnelle

Le potentiel des artistes réunionnais à l’international semble réel. Plusieurs exemples confortent ce point de vue. Zong et Jako Maron, artistes du label Bi-Pole sont dans une démarche offensive d’export avec un relais logistique et promotionnel en métropole. Le char réunionnais à la Techno Parade, monté par Tech Tech avec le soutien de la ville de Saint-Denis, a rassemblé près de 45000 personnes soit la deuxième plus grosse fréquentation après le char de radio FG [4]. Enfin des DJs comme Pushykiller, Automat, Goethe, L’abuse, Lan-K, Red Richards ont su s’exporter en dehors de l’île : certains jouent plusieurs dizaines de fois dans l’année sur des scènes internationales. Un certain nombre d’artistes du milieu souhaiteraient dès lors une reconnaissance de leur travail à un niveau institutionnel. Beaucoup d’entre eux, notamment dans le milieu « underground », regrettent par ailleurs l’image négative que véhiculent ces musiques. Cette représentation biaisée du secteur fût à l’origine de la vague de répression contre les « rave parties » qui se tint en France à la fin des années 90. Les musiques électroniques sont pourtant porteuses de valeurs de liberté et de modernisme dont le secteur des musiques actuelles réunionnais ne peut que bénéficier. MM

Plus d’infos www.teufin974.com

- Pushykiller Aka Nicox

Nicox aka Puskykiller est un DJ / producteur / organisateur de soirées marqué par la techno de Detroit, les sons de Jeff Mills, Kevin Saunderson et Kraftwerk. Adepte des soirées « Wake Up » de Laurent Garnier à « L’Anfer », il commence à mixer dès l’âge de 13 ans. Il s’installe à La Réunion en 1992, y organise parmi les premières « teufs » et participe à de nombreuses soirées en bars ou clubs. Depuis 1999, il a beaucoup voyagé et a mixé dans nombre de clubs européens tels que la Fabrik et le Triptyk à Londres ; le Trésor à Berlin ; la Bush et le Cherry Moon en Belgique ; le Gibus, Le Folies Pigalles, Le Pulp, Le Dépôt, Le Batofar, Le 138, Le Paris Paris, Le Saxo… à Paris… Son implication sur la scène réunionnaise, ses talents de DJ et de producteur, sa capacité à exporter ses sets dans le monde entier en font un personnage essentiel de « l’electro » locale.
www.myspace.com/pushykiller

- Jako Maron

Jako Maron tire son nom du jako malbar (personnage cultuel tamoul de La Réunion) et du noir marron (esclave rebelle et fugitif). Il fait ses premières armes sur un Atari 1040 et se fait remarquer comme producteur hip-hop / rappeur sur les albums de divers groupes et collectifs : « Ragga force filament » en 1997, « Lo Son Kolony » en 2001, « Force Indigène » en 2004. Son premier album solo « Saint extension » a été produit à La Réunion en 2009 par Bi-Pole. Il fait suite à une résidence menée au Séchoir avec DJ Automat. Une tournée organisée par Bi-Pole en décembre a permis à Jako Maron de défendre ses morceaux devant le public métropolitain. Ce disque marque son identité d’artiste electro à part entière. Malgré une culture musicale iconoclaste allant de KRS One à James Brown en passant par Nine Inch Nails, sa musique est marquée par les beats hip-hop abstract, le son maloya, et les formes musicales synthétiques qui font parfois penser à celles employées dans le dubstep. Ses projets à venir vont de la collaboration avec d’autres musiciens à la mise en place de passerelles entre des formes artistiques diverses (cinéma, vidéo, arts plastiques…).
www.30kill.com - www.myspace.com/jakomaron

- Seb the Player

Seb the Player débute comme DJ en 1998 sur la scène électro dub lyonnaise. Il y organise des soirées, mixe et développe ses talents de manager pour des groupes tels que In Extremis ou Meï Teï Shô. Il travaille pour Novamag de 1999 à 2005 et continue d’élargir sa culture musicale. Il monte en parallèle les soirées « Global Groove » avec des invités tels que Zenzile ou High Tone. Il réalise deux compilations : « Créatures des Abysses » en 1997 (Peuple de l’Herbe, Zenzile…) sur son label, Wild Palm et « Underground, Moderne » en 2001 (pour Nova Records, avec Funkadelic, Mutabaruka, Suicide…). Il affine ses sets DJs et joue sur cette période aux Vieilles Charrues, aux Francofolies et dans de nombreux clubs parisiens. Il part en tournée européenne avec le Peuple de l’Herbe, High Tone et Meï Teï Shô pour le « Lyon Calling Tour » en 2006, rédigeant au jour le jour le blog de l’aventure, et s’installe peu après à La Réunion. Il y rencontre le milieu musical local, mixe souvent au Bug, joue lors du Sakifo Festival (2007) et au festival SOL (2009). Ses mixes reflètent son éclectisme musical et se situent dans le registre de la sono mondiale et de la ghetto pop, à l’instar d’artistes tels que Maga Bo ou Radioclit.
www.sebtheplayer.com

- Zorteil

Musicien, issu du blues et du jazz, Zorteil concrétise sa passion pour les musiques de synthèse et les nouveaux paradigmes sonores lorsqu’il s’installe à la Réunion en 2000. Laissant de côté la composition sur ordinateur, il lui préfère la production sur machines qu’il complète avec un Fender Rhodes ou d’autres instruments. Trente morceaux plus tard et quelques concerts avec Degadezo à son actif, il fonde Zorteil en 2004. S’en suivent plusieurs prestations live dans les soirées alternatives et les bars de l’île. Son album éponyme sort en 2007, année pendant laquelle il parvient en finale de la Clameur. Il se produit aujourd’hui encore et propose aux établissements scolaires des ateliers sur la synthèse et la M.A.O.
www.myspace.com/zorteil

- Lan-K

Alex aka Lank-K est une DJ arrivée à La Réunion en 2001. Elle découvre l’électro dans les afters parisiennes auprès de DJ K-Mu et Fabrice K. Baignée par la house music, elle s’intègre au milieu « électro » local via une résidence au Bug et en fréquentant les « teufs » locales. Elle mixe très rapidement dans divers clubs de l’île et de l’Océan Indien. Elle joue aussi au Domestic à Barcelone aux côtés d’Andy Dabula. Ses mixes sont principalement composés de house, d’électro et de progressive. Elle se dit proche musicalement de DJs tels que Django ou Orel H.
www.djlan-k.com

- Nikolas Bénard - Tech Tech

Structure dédiée à la promotion et l’export des musiques électroniques réunionnaises, Tech Tech a été fondée par Nikolas Bénard. Ce dernier découvre l’électro en 1996 au cours des soirées Cosmic Vibrations et des free parties organisées sur l’île. Il décide alors de consacrer son temps à l’organisation de soirées et à la promotion d’artistes de musiques électroniques. C’est ainsi qu’il fonde au milieu des années 2000, la société Fish in the Box avec laquelle il organisera plusieurs soirées au club Le Safari à Saint-Gilles avec des DJs espagnols… Il s’envole entre temps à Paris, suit la formation de management artistique de l’école ATLA et se frotte au milieu « electro » parisien. Il collabore avec le label Sabotage Crew, organise des soirées et participe à l’organisation des plages électroniques à Cannes. A son retour à La Réunion, il fonde Tech Tech et monte le char Réunionnais à la dernière Techno Parade avec Neo Gald’R, DJ Vague, Pushykiller, C-Bullon, LO, DJ Scoubi, Django et Red Richards. Nikolas Bénard est un partisan de l’exposition et de la promotion des musiques électroniques auprès du grand public.
www.techtech.fr - www.myspace.com/techtechprod

- Dj Biloo

Dj Biloo est membre fondateur du crew Freak Broza (association créée en 2006) avec DJ Naize et Mass Shimeria. Originaire du pays basque, Biloo a officié comme graphiste de mode, skater et DJ dans la région bordelaise. Très influencé par le hip-hop, le dub et le reggae il découvre en 1995 la drum and bass et la jungle à Londres lors du festival de Notting Hill. Il s’installe à La Réunion en 2001. Il y exerce ses talents de DJ et de graphiste et organisera avec Red Richards, pour l’association DiscoFuckerz dont il est trésorier, les soirées « Wicked » qui auront notamment pour tête d’affiche Djam, Béru, Zon, Jamalski ou encore Miss Ficel. Il fonde peu après Freak-Broza entièrement dédié au skate et à la Jungle ! Depuis 2006, il organise avec Freak Broza de nombreuses soirées, produit ses propres morceaux, anime une émission de radio sur RZ fm, assure une résidence mensuelle, et sonorise de nombreuses compétitions de skateboard. DJ Biloo et les Freak Broza ont pour projet de produire les albums des membres du crew, souhaitent continuer l’organisation de soirées et accroître leur implication dans le tissu social local via des projets d’action culturelle, sportive et sociale. Ce collectif constitue avec BKV ou Vilain Nabot une émanation de l’underground electro réunionnais.
www.myspace.com/djbiloo1

- DJ Automat

Connu à ses débuts sous le nom de « Tha’Natur », DJ Automat découvre l’électro en 1992 avec les soirées parisiennes de la tribu londonienne Spiral Tribe. Invité du festival Astropolis en 1997, il devient Automat et prend clairement une orientation electro qu’il décline dans ses sets et dans ses propres compositions. Il truste les platines de clubs ou festivals européens importants. Il sort une dizaine de disques pour les labels Karat, Point-One, Sounds Around et Full Panda. Invité une première fois à la Réunion en février 2007 pour assurer l’ouverture de saison du Séchoir, il revient quelques mois plus tard jouer au Sakifo et dans les clubs de l’île. Installé depuis à La Réunion, il a travaillé à la réalisation de l’album de Jako Maron et collabore aujourd’hui avec le slameur-poète Raghoonauth dans le cadre du projet Do Pagaal. Très marqué par Kraftwerk, la techno de Detroit (Juan Atkins et Drexciya notamment) et Aphex Twin, DJ Automat a su mêler des sets éclectiques à des productions électro lui permettant de s’exporter en dehors du réseau des clubs et des free parties.
www.myspace.com/automatfr - www.myspace.com/dopagaal

- Red Richards

C’est à Paris que Red Richards fait connaissance avec le milieu des musiques électroniques dominé à l’époque par Carl Cox et Laurent Garnier. Il commence le mix en 1998 et touche le sol réunionnais quelques années plus tard en venant jouer à L’Escobar et au Cyclone Café. Il revient peu après pour une dizaine de dates et s’installe sur l’île. Il mixe en clubs et collabore avec certains musiciens de jazz réunionnais dont Luc Joly. Il organise les soirées « Wicked » et monte un studio de création. Commence alors pour lui une série de voyages qui le mènent du Japon à l’Australie puis à Philadelphie aux Etats-Unis où il s’installe. Il développe en parallèle ses activités de producteur (pour des musiques de pub notamment), sort plusieurs EPs et en 2009 un album « Messenger…of the divine wills » sur le label allemand Exabeat. Il travaille aujourd’hui sur divers projets mêlant electro, hip-hop et rock : projet Eureca avec l’américain MC Calvin, collaboration avec le japonais « 1*TWINS », remix pour Tiger Hi-Fi, Onetram, Parano & Parker. Sa musique est marquée par un certain éclectisme et la recherche de formes artistiques abouties.
www.redrichards.com - www.myspace.com/eurecasound

- Rodolphe Legras

Bercé par le rock, le séga, la new wave, Herbie Hancock et Kraftwerk, Rodolphe Legras est le fondateur de Planète Zong. Ce groupe officie pendant les années 90 dans un registre rock mais se démarque des autres groupes par l’ajout de pédales d’effets et de sons synthétiques. L’arrivée au sein du groupe de Yann Costa renforce la part des compositions empreintes de musiques électroniques. Deux ans après la naissance de Zong, il quitte le groupe. Il se consacre à cette époque à son émission « elektropikale », se voit proposer des campagnes publicitaires et une résidence au Kabardock dans le cadre du projet « Elektromadaires ». En 2006, il fonde avec son cousin le groupe Stereo Monoï dans un registre down tempo. Puisant en parallèle dans les années 80, il lance le projet Rod Royce qui oscille entre pop et musiques synthétiques. Il aboutit en 2009 autour de 14 compositions de Rod Royce et Radio Smoking. Musicien talentueux et précurseur, Rodolphe Legras n’est pas un producteur de musiques électroniques à proprement parler. Il utilise les collages sonores au service des mélodies et des atmosphères « extraterrestres » qu’il souhaite créer, fidèle à sa volonté de « laisser son corps aux robots ».
www.myspace.com/rodroyce - www.myspace.com/stereomonoi

- Yann Costa / Zong / Zon

Yann Costa s’initie très tôt à la musique assistée par ordinateur et à la musique électronique qu’il envisage alors comment un moyen de produire d’autres styles musicaux. Souhaitant pousser son expérimentation musicale, il devient ingénieur du son et s’installe en 1993 à la Réunion. S’il fréquente certaines free parties ou soirées (Cosmic Vibrations notamment), c’est sa rencontre avec Rodolphe Legras de Planète Zong qui va pousser son intérêt musical pour les musiques électroniques. De leur rencontre naît un trio composé de Rodolphe, Yann et Sandrine Ebrard qui écume les scènes de l’île. Fever intègre le groupe et le premier album de Zong sort en 2001. Après le départ de Rodolphe, le groupe prépare son nouvel album « Paradis thématik » qui sort en 2006. S’en suivent plusieurs tournées en métropole, Europe et Afrique. Leur dernier album « Fractures » est paru sous le label Bi-Pole, structure qu’ils ont contribué à développer à La Réunion et en métropole. Zong définit sa musique comme de « l’électro song » mélange de pop et de musique électronique. Le groupe se produit occasionnellement sans chanteuse sous le nom de Zon. Yann Costa a par ailleurs collaboré sur scène et/ou en studio avec Mounawar, Nathalie Natiembé, Jako Maron, Lo Gryio. _www.myspace.com/zongparadisthematik www.bi-pole.org

- Sapoak

Collectif regroupant DJ Ice, DJ Rob, Dj Abuzor, Dj Aztek, Dj Fish et un staff de bénévoles, Sapoak organise des soirées « électro ». Reprenant le flambeau des Soudures ou des Fremen Process, avec lesquels ils ont collaboré jusqu’en 2003 - Dj Raph des Fremen mixe parfois lors de leurs soirées - Sapoak se fait le porte-parole d’un milieu underground electro très actif et indépendant, rempli des valeurs de liberté qui ont animé le mouvement des free parties. Les membres de Sapoak ont d’ailleurs fait partie intégrante de collectifs métropolitains tels que Karsoundsystem ou Toltek Unit avant de revenir s’installer à La Réunion. Sapoak est aussi issu du mouvement hip-hop local : graffiti, breakdance et rap (Ice collabore aujourd’hui avec le groupe M2). Les sets du crew sont essentiellement composés de musiques hard-core, dub-step, techno, hardtekno, jungle, drum’n bass et du son mental mais s’ouvrent aussi à d’autres formes musicales (collaboration avec Zon notamment). En dehors de DJ Fish qui produit ses morceaux et les joue en live, les artistes de ce crew se sont essentiellement tournés vers le mix. Leur démarche a motivé de nombreux artistes et collectifs tels que Onirik.
www.sapoak.com - www.karsoundsystem.com

- Lo, C-Bullon, La Clandestine

Lo est un DJ versé dans la minimal et la dub techno. Marqué par le techno de Detroit, c’est en découvrant une video de Jeff Mills que Lo décide de se lancer dans le mix et la production de musique électronique. Reprenant la démarche de DJ Sebastopol et Sal Paradise, il organise avec son compère C-Bullon (et Könsole) les soirées « clandestine » qui se veulent intimistes et affranchies des réalités commerciales. Ce collectif a en outre participé en 2009 avec Atomic Scale Association et DJ Alpha à la soirée dionisyenne « Les Electropicales ».
www.myspace.com/reunionclandestine

- Bibik Aka Psychorigid

Dominique Iva aka Psychorigid est un producteur réunionnais présent depuis plusieurs années sur la scène réunionnaise. Influencé par Exploited, Dead Kennedys ou Black Flag, versé dans le rap et le ragga, il se fait connaître via l’aventure Flash Gordon. Il découvre la musique électronique en 2001 auprès de Yann Costa et cite Roni Size, Squarepusher ou encore Aphex Twin comme influences majeures. Commence alors pour lui ses premières soirées en plein air et la découverte de sa principale source d’inspiration : Venetian Snares. Marqué par l’éclectisme de ce dernier qui mêle la jungle et la drum’n bass à tous les styles musicaux, Bibik s’est lancé depuis peu avec l’aide de Jako Maron dans la production de ses propres titres.
www.myspace.com/psychorigid

- Le Bug

Lieu « culte » situé à Saint-Pierre, ouvert en 2000 par « Greg et Titard », le Bug a été repris en 2005 par « Pierrot » qui l’a tenu ouvert jusqu’en février 2009. Le Bug se démarquait de autres clubs de l’île par sa taille (140 personnes au grand maximum) et sa programmation résolument pointue et dédiée aux musiques électroniques (en plus de soirées rock et reggae). Le Bug a ainsi accueilli nombre de pointures de « l’électro » internationale : Zenzile, Jack de Marseille, Peuple de l’Herbe, Jef-K , Ixy ainsi que la majorité des DJs et producteurs de musiques électroniques de l’île - en résidence ou en programmation. Connu pour ses soirées festives, son ambiance chaleureuse et son exigence artistique, le Bug constituait un repère pour les aficionados de « l’électro » locale. L’endroit a été repris sous le nom de « Code Bar » avec pour principal DJ résident Mixer Lwi.
www.myspace.com/lebugreunion

[1] Pour plus de précisions, vous pouvez consulter le guide www. techno.org/electronic-music-guide/

[2] Le Mot « Teuf » fait allusion aux soirées « électro » en plein air parmi lesquelles on distingue les « free parties » et les « raves parties »
- les premières renvoyant a des soirées underground gratuites alors que les raves renverraient à des fêtes techno plus encadrées-. Notons que ces deux termes sont parfois confondus.

[3] La Villa a lancé récemment un rendez-vous « electro

[4] Source Tech Tech

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