Chroniques d’album

Lindigo : Milé Sek Milé

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  • Publié le 22 avril 2015

Lindigo

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Devenu un des groupes phare du maloya traditionnel réunionnais, de plus en plus demandé à l’export, Lindigo a sorti son cinquième album en fin d’année dernière. Réalisé par l’accordéoniste Fixi, Brice Nauroy et Olivier Araste il est produit par Hélico et distribué par "L’Autre Distribution".

Le maloya, selon Olivier Araste ? « Une sensation forte comme le piment ! » Pas de doute, sa métaphore fait mouche : la musique de son groupe, Lindigo, imparable, réveille secoue, convie les cinq sens, tambours battants. Une potion magique ? Pas loin. Enracinée dans la pure tradition des Servis Kabaré, portée par l’esprit des ancêtres, leur recette n’en galvanise pas moins les pistes de danse des discothèques. Avec force, engagement, et spiritualité, la bande met le feu… Boum ! Poing levé

Nous voici aujourd’hui, au sortir du cinquième album, un chiffre symbolique : « Le cinquième, c’est le petit doigt qui se referme. C’est le poing qui se tend, dit Olivier. Dans Mi lé Sek Mi lé(« Je suis ce que je suis »), nous cessons les faux-semblants, les discours détournés, pour emprunter une route radicale, rebelle, engagée, pavée des dallages d’une saine colère. Nous renouons ainsi avec l’esprit du maloya : le combat – pour la reconnaissance de notre musique, pour notre île, notre histoire, notre famille, nos ancêtres. Stop au ramollissement des consciences, aux seules explosions de joie : place à l’affirmation. Je suis né maloya, je transpire maloya, je crèverai maloya. Avec ce son qui coule dans mes veines, j’exprime aujourd’hui la charge qui me pèse sur le cœur ». Dans cet album, sa voix se devine alors plus personnelle. Plus intime, aussi. A vif, son cœur livre coups de gueule et petits chagrins ; son art conte ses observations sur la vie, ses tracas, les chroniques, parfois sans tendresse ni complaisance, de son existence d’artiste. Mi Lé Sek Mi Lé, l’album de la maturité ? Assurément, Lindigo, face au miroir, affirme sa signature, revendique ses propres épices.

Les vibrations de la cours.

Direct, brut, simple, fut aussi l’enregistrement, plié en trois jours, dans une cours de Sainte-Suzanne, pour le son « roots », le son « la terre », avec chaises longues, chants d’oiseau, moringueurs (des lutteurs réunionnais) pour l’émulation « guerrière »… La session fut aussi emplie d’un tas d’amis, neveux, nièces, enfants, granmouns, pour les bonnes vibrations additionnées. Aux manettes de la réalisation, comme pour le précédent disque, trônait bien sûr Fixi, l’accordéoniste génial de Java. « C’est un peu le mécanicien qui gonfle le moteur, dit Olivier. Avant on roulait à 120 ; maintenant on est à 240 ! » Pied au plancher, la troupe écrit donc ce cinquième volet… Un chapitre teinté d’un engagement fort, rebelle et militant. Avec un grand sourire, Olivier conclut : « J’ai à nouveau le cœur léger. Ce disque a eu des vertus thérapeutiques… »

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