Figures Historiques

Alain Peters

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  • Publié le 15 juillet 2009

Universelle et intemporelle sont sans doute les deux qualificatifs qui collent le mieux à l’oeuvre que nous a laissée Alain Péters.

- La vie d’Alain Peters en quelques dates

  • le 10 mars 1952 : naissance d’Alain Peters à Saint-Denis de la Réunion dans une famille de musiciens.
  • 1960-1970 : à 13 ans, il fait ses premières armes dans l’orchestre de Jules Arlanda. Apprend la musique à l’oreille. Il entre dans le circuit des bals et accompagne les orchestres.
  • Fin des sixties-1975 : arrivée de la vague rock and roll à la Réunion. Création du groupe « Lords » puis de « Pop Décadence » avec Joël Gonthier aux percussions, Mascotte à la guitare, au chant et à la batterie Gilbert Lebon, André Massena et Ti-Claude Perianin à la basse, Dédé Lebon à la guitare et Bernard Brancard à la batterie. Alain Peters tient le chant et la guitare.
  • 1975 : il quitte Pop Décadence et se lance dans le jazz et dans le rock progressif. Il fonde le groupe « Satisfaction ». Le groupe comme beaucoup d’autres connait une existence éphémère balayé par la vague disco.

  • 1976 : début de l’aventure du Royal, cinéma de Saint-Joseph, dans le sous-sol duquel va naître le groupe « Caméléon » qui mélange rock, séga et maloya. Bernard Brancard, Hervé Imare, Joël Gonthier et bien sûr Alain Péters composent le groupe. Venu de métropole, Loy Ehrlich vient se joindre à la bande jouant un bœuf psychédélique permanent. Rencontre avec Jean Albany et début d’une collaboration avec le poète.
  • 1978 : retour d’Alain Peters et de Patricia à Saint-Denis ; naissance d’Ananda Devi. C’est une période plus calme pour Péters pendant laquelle il se consacre à l’écriture en créole et à la méditation.
  • 1979 : retour de Loy Ehrlich et installation à Etang Saint-Leu. Naissance du groupe Carrousel : Zoun à la flûte et aux petites percussions à côté de Bigoun à la batterie, de Joël Gonthier aux percussions, Jean-Claude Viadère au chant et au kayamb, Bruno Leflanchec à la trompette et à la flûte traversière, et de Loy aux claviers, Alain Péters étant à la basse et au chant.
  • 1980 : période difficile pour Peters : remises en causes dans le groupe : Kiki Mariapin remplace Alain. Patricia le quitte et part s’installer en métropole ; mort du père de Peters. Alain sombre dans l’alcoolisme.
  • 1985 : édition d’une cassette de chansons d’Alain enregistrée par Jean-Marie Pirot sur un 4 pistes et d’un 45 tours produit par l’association Village Titan et Alain Gili.
  • 1987 : départ d’Alain pour une cure de désintoxication en métropole. Enregistrements de quelques morceaux avec Loy Ehrlich. Malgré cette cure, Peters bascule complètement dans l’autodestruction sept années durant.
  • 1994 : reformation de Carrousel pour deux concerts d’anthologie au Palaxa et au Théâtre en plein air de Saint-Gilles. Peters dit vouloir arrêter les excès et envisage l’enregistrement d’un nouvel album.
  • 12 juillet 1995 : mort d’Alain Peters à Saint-Paul, La Réunion

- Son oeuvre

Si, malmené par l’alcool, il n’avait pas préféré les chemins de l’irréel à ceux préétablis par la société, Alain Peters (1953-1995) aurait très certainement connu le même succès unanime qu’à titre posthume.

Peut être était-il trop avant-gardiste et expérimental pour, dans les années 1980, attirer autant d’intérêt qu’aujourd’hui, à l’ère de la World Music. On peut se poser la question, face aux riches et déroutantes compositions de cet auteur/compositeur (également chanteur, guitariste et bassiste), qui ne sont autres que la résultante d’un métissage audacieux entre les courants du rock, du jazz, et de la musique traditionnelle réunionnaise (le séga et le maloya, iciparticulièrement tintées d’influences indiennes).

Quoi qu’il en soit, les rares enregistrements d’Alain Peters faisant l’objet des albums Parabolèr et Vavanguèr, nous laissent juges des complaintes « parabolées » d’un poète écorché vif qui, avec une grande sincérité d’interprétation, nous donne une vraie leçon d’humilité. Impossible de rester insensible aux mélopées poignantes, à la beauté des paroles en créole et à la douceur de la voix de ce créateur, maintes fois qualifié d’ « exceptionnel » bien au-delà de son île. Des flots de paraboles, de rimes et de mélodies célestes, traces indélébiles d’une vie d’errance, qui, depuis la sortie de l’album « Parabolèr » , deuxième exemplaire de la collection Takamba en 1998, continuent à séduire de nouveaux auditeurs qui, à leur tour , en convertissent d’autres venant de tous horizons géographiques et culturels. Outre les nombreux musiciens réunionnais qui se nourrissent de son influence, des musiciens de jazz, de rock, d’électro, de hip hop, de reggae…, français , africains, brésiliens, américains, indiens… ont été inspirés par « Parabolèr » ou continuent de l’être.

Textes extraits de Alain Peters, "Vavanguèr" (2008) et "Parabolèr" (1997), parus sous la collection Takamba.

vos réactions

  • Le lundi 7 décembre 2009 à 14H51 Alain Peters

    C’est le poète maudit de La Réunion.

    « (…) du jour où il sut lire il fut Poète, et dès lors il appartint à la race toujours maudite par les puissances de la terre… » Alfred de Vigny

  • Le mercredi 27 janvier 2010 à 10H11 Alain Peters

    Lors du concert de solidarité pour HaÏti à Saint-Paul le 30 janvier, "Monika Limba & Les Chamanes" interprèteront 3 ou 4 chansons d’Alain Peters et 2 de Danyèl Waro… Monika Limba (chant), Prof.Jah Pinpin (saxophones), Sully Chamand (guitare), Kiki Mariapin (basse), Dimitri Domagala (batterie).


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