Figures Historiques

Henri Madoré

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  • Publié le 16 juillet 2009

Pour une « petite monnaie » , un « coup d’sec » (un verre de rhum), et surtout le plaisir des passants, Madoré (1928 - 1988), de son vrai nom Henri Madouré, chanta avec sa guitare et son harmonica à La Réunion, de 1946 à 1981.

Le quotidien de ce parolier solitaire aux lunettes noires consistait ainsi à arpenter les rues de Saint-Denis, pour y puiser inspiration et s’y produire spontanément.

Poète comique et marginal, aussi rebelle qu’un Brassens ou qu’un Ferré, il véhicula l’identité réunionnaise à travers des ségas originaux et dynamiques, souvent autobiographiques, et dont les paroles, un brin triviales et provocatrices, sont issues d’un créole d’anthologie.

Voici quelques dates retraçant les grandes étapes de sa vie :

  • MERCREDI 11 AVRIL 1928 Naissance à Saint-Denis de Henri Madouré, fils de Jules Madouré, agent à la prison de Saint-Denis, et de Amélie Gossard, sa deuxième femme. Le petit Henri voit le jour chez une sage-femme de l’avenue de la Victoire, Léonie Barrat. Il est baptisé le 6 mai en la paroisse de l’Assomption. La famille habite au 7 de la rue du Jardin (actuelle rue Malartic) à Saint-Denis.
  • 1934 Henri est déjà fasciné par le son de l’harmonica de « Pa Ferdinand », un vieux monsieur qui présente des histoires de marionnettes sur le trottoir. 1935 Première communion. 1938 Scolarité à l’école Saint-Michel de Saint-Denis. Réputé nerveux, imprévisible et instable, ses camarades le surnomment « La Grimace ». Ce qui l’énerve encore plus.
  • 10 avril 1940 : Il assiste au Barachois à la dernière exécution capitale publique : une double décapitation qui le bouleverse.

  • Janvier 1948 : Véritables premiers pas de chanteur des rues (avec banjo sous le bras et harmonica dans la poche) au cours du "cyclone 48". Il écrit ses premières chansons où se mêlent souvenirs d’enfance, jeux de sons et de mots. Ses jeans noirs et son chapeau lui valent le surnom de "Zorro".
  • Début des années 50 : Ses apparitions publiques se multiplient : mariages, fêtes, entractes de cinéma. Il élargit son public aux autres villes de l’île, où il se rend en "car courant d’air" notamment à Saint-Pierre où il devient très populaire.
  • 29 décembre 1950 : Décès de sa mère Amélie
  • 15 mars 1955 : Il enregistre son premier 78 tours chez Affeejee pour le label festival (ref OM 31) avec "Marmaille la bit’" et "la Mandoze". il sera suivi de deux autres 78 tours ( OM 32 avec "A.B.C.D" et "Pas besoin croire moin l’est mort" et OM 33 avec "Pêcheur St Leu" et "Zenfant bâtard"). Un quatrième 78 tours sera enregistré chez Affejee pour Philips : "Mamzelle Rico" et "Séga-Cola"(titre 4 : "Coca Cola") avec Arsène Herrert à la guitare. Deux 45 tours suivent chez Soredisc avec l’orchestre des "Super Migs" (dont SOR 2017 avec "les courses Maurice" et "Poupette Coquelet")
  • Février 1959 : Décès de son père Jules Madouré.
  • 15 juillet 1959 : Mariage avec Marie Emeline Laude
  • 26 février 1972 : Enregistrement lors d’une soirée privée à la Montagne par Jean-Claude Legros et Gora Patel (titres 1 à 9)
  • 1981 : Nouvel accident qui le rend invalide. Il vit reclus dans sa maison de la rue Malartic.
  • Samedi 31 décembre 1988 : Il s’éteint chez lui dans la matinée. Il repose au cimetière de la Commune Prima à Saint-Denis. Quelques jours après sa mort, un voleur s’est introduit chez lui et n’a volé que sa guitare !

"Moin même Ti Doré, moin la pas vantard. Mi aime bien chanter, vec mon guitare…"

Biographie extraite de "Henri Madoré, le dernier chanteur de rue", paru sous la collection Takamba éditée par le PRMA.

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