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Le marché de la musique à l’heure numérique

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  • Publié le 28 juin 2010

Note : cet article est un compte-rendu de la rencontre "muzikozman" qui s’est tenue le jeudi 24 juin au PRMA avec Fabrice Absil. Il ne constitue pas un résumé exhaustif de cette intervention mais trace les lignes essentielles du débat. MM

Le marché de la musique numérique occupe une part croissante dans le marché de la musique enregistrée jusqu’à être plus important que le marché physique aux Etats-Unis par exemple.

Le marché de la musique reste cependant en diminution de 60% sur 7 ans et sans comparaison avec d’autres secteurs de l’économie. A titre d’illustration, le marché au détail de la musique en France s’élève à 960,6 M€ TTC (chiffres de l’Observatoire de la musique en 2009) contre les 900 milliards que représente le chiffre d’affaires d’Orange.

Le marché du numérique : une hausse en ralentissement
En 2009, le chiffre d’affaires du marché de la musique numérique (hors streaming et sonneries musicales) atteint en France 73,5 M€ TTC, en progression de +19,7% vs. 2008. Depuis 2007, la croissance du marché de la musique numérique est de +35,2% en volume et +82,8% en valeur. La part de marché de la musique numérique sur le marché de la musique enregistrée, s’établit à 7,7% en valeur (en hausse de +1,8 pt vs. 2008),contre 92,3% pour le marché du support musical. (Source Observatoire de la Musique).

Ce marché est marqué par trois tendances :

L’apparition de nouveaux acteurs :

  • agrégateurs : parmi les plus gros : The Orchard, IODA, BELIEVE, Tune core Ce sont les distributeurs in line c’est à dire qu’ils distribuent les catalogues de nombreux labels sur le net. Les majors gèrent souvent quant à elle, en direct les rapports qu’elles entretiennent avec les plate-formes.
  • plate-forme : ce sont des magasins en ligne. La plus grosse I TUNES : 70% de part de marché devant virgin mega, puis fnac.com.
  • sites en streaming : gratuits ou payants : Deezer, Last FM, Spotify.

Une des données essentielles est la prégnance d’opérateurs possédant les tuyaux (Orange, SFR…) ou des fournisseurs de Hardware. Ces acteurs sont plus importants financièrement et ont des problématiques de rentabilité importantes. On observe donc un transfert d’opérateurs ayant imposé des standards (Philipps, CBS…) à de nouveaux entrants maîtrisant les canaux ou les appareils de lecture.
Ces entrants imposent un formatage du marché et de ses modes de fonctionnement : prix unique des albums ne tenant pas compte des coûts de production, vente au single privilégiée…

La fausse impression que la musique est gratuite
Il s’est opéré un transfert de l’achat de musique vers l’achat d’appareils à haute dose technologique. Le contenant prime sur le contenu. Un titre écouté en streaming rapporte de 0,001 euros au producteur ; un titre téléchargé 0,70 centimes. _Un album rapporte 6 euros mais cela varie selon les plateformes. _Mais aussi parfois 2 euros=> les nouveaux acteurs imposent de nouvelles normes.

De nouvelles façon de travailler

  • La longue traîne : faire peu d’argent sur beaucoup d’actes de consommation : nécessité de mondialiser sa démarche de vente :
    2 ex : . sur 100 % des actes de consommation de musique en numérique - 97 % streaming / 3% en downloading
    . Téléchargement : 85 % au titre / 15 % à l’album
  • l’acte de vendre de la musique ne se rentabilise pas : la musique d’un artiste devient une marque. Autour de l’artiste : développer des "new business" : synchro, ventes liées, nouveau marketing : ex Mos Def a vendu un t-shirt avec un code permettant de télécharger son nouvel album.
    Nouveau modèle économique : être malin.
  • segmenter ses ventes et cibler : le digital offre une visibilité sur ce qui se vend, à quel endroit. Du coup, l’information devient le nerf de la guerre.

Pour résumer : utiliser le web, pour développer de nouvelles rémunérations.

NB : le cachet complémentaire lié à la nouvelle convention collective : obligation pour le producteur de payer un cachet complémentaire aux interprètes pour les utilisations diverses de l’oeuvre.

Des pistes :

  • se développer sur le net, les réseaux… Attention référencement pas forcément rentable : ex Zimbalan. Du moins à Court Terme : faire un travail autour pour développer du business : ex Slimmy, Tom Frager
  • repérer les noeuds de réseau et les prescripteurs : ex Perez Hilton, Music Story.
  • do it yourself : suivre en direct ou se faire aider par des acteurs performants (et pas forcément les maisons de disques). Le net regorge d’outils et de démarche novatrices : animoto, Derek Sivers…

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