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Vendre sa musique en ligne

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  • Publié le 30 mars 2011

Face à la décrépitude du marché du disque et à la nécessité de s’adapter aux nouveaux moyens de communication, de nombreux artistes souhaitent diffuser leurs morceaux sur les plateformes musicales telles que iTunes, Fnac.com ou Deezer. Si les nouveaux modes de diffusion ou de distribution de la musique en ligne présentent des similitudes avec le marché physique, ils constituent une nébuleuse économique et technique complexe. Quelques points essentiels à retenir pour utiliser intelligemment ces nouveaux modes de commercialisation.

Le marché du numérique représente en France 19% du marché total de la musique au détail [1]. Ce marché propose aux artistes deux types de revenus : ceux issus du téléchargement et ceux issus du streaming, c’est à dire de l’écoute en ligne. Pour le streaming, les revenus 
proviennent des recettes publicitaires ou des formules d’abonnements de plus en plus 
nombreuses que proposent des plateformes majeures telles que Deezer ou Spotify (offres 
premium). Pour les sites de téléchargements tels que i Tunes, Fnac.com ou Virgin Mega, les 
revenus proviennent des ventes de fichiers.

Quel intérêt pour l’artiste ?

On retrouve donc pour les sites de vente en ligne un mode de rémunération classique 
proportionnel au nombre de titres vendus. Les plateformes de streaming appliquent cette règle de 
proportionnalité en rémunérant davantage les titres les plus écoutés.

Cependant la rémunération liée aux royautés pour un titre écouté en streaming est bien moins importante que pour un titre téléchargé : en moyenne 0,001 euro in fine pour l’artiste dans le premier cas, contre 0,1 euro pour un titre vendu sur i Tunes.

Le streaming fait pourtant une percée forte dans le paysage numérique et représente quasiment un quart du marché [2]. Le succès que rencontre Spotify (plus de 600 000 abonnés) le pose comme un concurrent sérieux face au leader mondial i Tunes et permet d’envisager plus largement 
l’avenir de la consommation musicale sous l’angle de l’abonnement, de l’écoute en ligne et du stockage des données en cloud computing [3]. Ce mode de diffusion pourrait être à l’avenir 
extrêmement rémunérateur pour l’artiste.

Par ailleurs, être référencé sur les plateformes de streaming offre une visibilité forte qui permet d’accroître les ventes en ligne. Deezer propose par exemple de télécharger sur i Tunes les titres écoutés.

Enfin, en plus des rémunérations dues au producteur qui redescendent sous forme de 
royautés à l’artiste, il faut rajouter les nombreuses perceptions liées au droit d’auteur 
(reproduction mécanique et droits d’exécution publique).

Les grands principes du référencement

En dehors des grosses maisons de disques et de certains artistes-phares, les plateformes 
en ligne ne proposent pratiquement pas de référencement direct à l’artiste ou au 
producteur [4] . Ces derniers doivent passer par des distributeurs digitaux que l’on nomme agrégateurs. Ils mettent les fichiers MP3 aux normes, livrent les plateformes, 
perçoivent les rémunérations et les reversent aux producteurs. Au passage un 
pourcentage est versé à la SACEM au titre du droit d’auteur. Sur ce total, les producteurs 
reversent des royautés à l’artiste. Avec un agrégateur classique type Believe : sur un titre vendu 0,99 centimes, 40 centimes 
reviennent en général au label déduction faite de la marge commerciale de la plate-forme, de celle de l’agrégateur et des droits SACEM. Selon le contrat passé entre le producteur et l’artiste, la rémunération qui revient à ce dernier va de 0,05 centimes à 0,10 centimes soit 10% du prix 
de vente TTC dans le meilleur des cas.

Si vous avez un producteur, il lui appartient de négocier la distribution digitale de vos morceaux. `

Si vous êtes en autoproduction, vous restez propriétaire des bandes et pouvez gérer la distribution en direct. Il existe trois types d’agrégateurs qu’il vous faudra choisir selon votre situation.

Les agrégateurs classiques

Ils se rémunèrent sur les ventes qu’ils effectuent pour le compte du producteur. Sauf exception, ils sont ouverts aux labels ayant un catalogue avec un intérêt commercial évident : références nombreuses, titres connus… Certains d’entre eux signent des artistes en licence digitale5. Les plus connus sont Ioda, Believe, Idol ou The Orchard…

Les agrégateurs payants

Ils permettent aux petits producteurs et aux artistes moyennant un coût relativement faible 
(environ 25 euros par an) d’être référencés sur les principales plateformes. Parmi eux YoZik, 
Majortown, Wild Palms ou Zimbalam.

Si les taux reversés aux producteurs ou aux artistes sont plus importants – 90% du prix, marge commerciale de la plateforme déduite, contre 70% chez les agrégateurs classiques -, il faut être conscient, que compte tenu des faibles montants générés par la vente en ligne pour les artistes peu connus, vous récupérerez rarement votre mise de départ. Autre élément à prendre en compte, les services mis à disposition des usagers qui varient d’un agrégateur à un autre : possibilité de promouvoir sa musique, conseils artistiques…

Les distributeurs digitaux

En signant avec un distributeur digital, vous lui confiez le soin de commercialiser votre disque en intégrant son catalogue, lui-même ayant déjà un accord avec un agrégateur. Dans ce cas, il vous faut mesurer l’intérêt qui existe pour vous à rétrocéder une part de vos royalties contre ses services – suivi des ventes, promotion… Dans un même temps, vous évitez les problèmes de coûts fixes liés au passage par un agrégateur payant : vous ne payez l’intermédiaire que s’il génère des ventes. Alternatives Vous pouvez par ailleurs contourner les plateformes classiques et vendre votre musique sur des plateformes spécialisées dans la musique indépendante ou auto-produite. Vous pouvez ainsi 
passer par Jamendo, CD1D ou Airtist qui sont dédiées à ce type de contenu.

En outre, une alternative à la vente de fichiers sur plateforme est la vente par correspondance qui peut être mise en place très facilement via un compte Paypal. Des sites tels que i-cone, ejunkee, My Music Shop ou Yozik proposent par ailleurs des modules de ventes en ligne facilement 
intégrables à votre site Internet.

La vente et le référencement en ligne ont un intérêt certain tant Internet est devenu le média principal de diffusion et de commercialisation de la musique à une échelle mondiale. La mise en ligne d’un album ne peut cependant être déconnectée d’un travail de promotion et de communication virale sur des outils aussi essentiels que Facebook, Twitter, Soundcloud ou Youtube.

[1] Sources Snep, 2010

[2] Sources Observatoire de la Musique, Cité de la musique, 2010

[3] Cloud Computing : stockage des données personnelles (playlist, informations personnelles …) sur des serveurs distants.

[4] Une option ouverte aux artistes et petits producteurs sera bientôt disponible sur Deezer et d’autres plateformes.

vos réactions

  • Le mercredi 28 septembre 2011 à 03H35 Vendre sa musique en ligne

    Très bon article auquel on peut ajouter un nouveau site que j’ai découvert récemment : Beatmix.

    C’est un site plus petit mais justement on peut plus facilement y faire son trou !

    Il s’agit d’un reseau social pour beatmakers et artistes interprètes indépendants.

    On peut donc y vendre des instrus mais aussi des singles (depuis peu) !

    Le site est légal , simple d’accès et l’équipe beatmix est vraiment sympa et a l’écoute (et c’est pas toujours le cas , croyez moi)

    Evidemment je vous invite à visiter en priorité mon profil beatmix si vous cherchez des instrus rap ou electro notamment ^^ , je suis la : http://www.beatmix.fr/mixscape

    Peace.


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