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IOMN : un nouveau lien entre océan Indien et Afrique australe
L’Indian Ocean Music Network (IOMN) vient d’être créé à l’initiative d’une quarantaine d’opérateurs culturels de l’Océan Indien et d’Afrique australe. Un nouveau réseau professionnel plein d’ambitions.
La « Saison réunionnaise en Afrique du Sud », qui avait lieu à Johannesburg et à Durban, du 30 avril au 8 mai, a porté des fruits au-delà des espérances. Organisée pour promouvoir le tourisme, les échanges culturels et les contacts économiques entre la Réunion et l’Afrique du Sud, cette semaine prolifique a permis – côté musique – de nouer d’intéressants contacts pour les artistes locaux dont certains (Danyèl Waro, Lindigo et la compagnie de danse hip-hop portoise Soul City) avaient bénéficié pour l’occasion d’une résidence de création. Les spectacles ont connu un gros succès auprès du public sud-africain.

Mais ce qui est peut-être plus intéressant encore pour l’avenir, ce sont ces deux journées de rencontres professionnelles coordonnées par le PRMA, le Moshito Music Conference et le Conseil des Musiques de l’Océan Indien, qui avaient lieu les 1er et 2 mai et qui ont accouché d’un nouveau réseau.
-Une structure visant à favoriser les échanges Sud-Sud
« Il y a cinq ans, avec plusieurs partenaires de la zone, nous avions déjà travaillé sur l’idée d’un réseau de festivals de l’Océan Indien – le IOFA – qui n’avait pu être développée faute de moyens et de temps de suivi, explique Alain Courbis, directeur du PRMA. A l’époque, ce projet n’avait d’autre ambition que de réunir les programmateurs de festivals de la zone. L’idée a été retravaillée et élargie à tous les professionnels de la musique de l’Océan Indien et d’Afrique australe avec une forte orientation sur la musique vivante. » Très officiellement baptisé IOMN (Indian Ocean Music Network), ce nouveau réseau professionnel a nommé Yusuf Mahmoud, directeur du festival de Zanzibar, pour premier président.
« Le premier objectif est de favoriser les relations Sud-Sud afin d’apprendre à mieux se connaître et mieux travailler ensemble, notamment en réalisant des économies d’échelles lors des déplacements d’artistes, reprend Alain Courbis. Mais nous communiquerons aussi avec nos partenaires de l’autre hémisphère afin d’apparaitre comme un ensemble cohérent chez les professionnels du Nord et de promouvoir les musiques de la zone. L’IOMN sera d’ailleurs représenté au prochain Womex et dans tous les salons internationaux. »
-Plus de quarante professionnels
La structure réunit une quarantaine d’opérateurs culturels de douze pays (ou îles) de la zone : Afrique du Sud, Mozambique, Tanzanie, Kenya, Zanzibar, Madagascar, Seychelles, Comores, Mayotte, Maurice, Rodrigues et Réunion. En outre, le Zimbabwe, le Swaziland et Djibouti frappent déjà à la porte. Côté Réunion, le festival Les Nuits du Piton, l’ODC (avec les festivals « Jazz en Plein Air » et « Artkenciel »), le Kabardock, le Bato Fou et le PRMA, sont les premiers adhérents. Mais d’autres acteurs locaux et de la zone devraient rapidement grossir le mouvement. Un comité exécutif de douze personnes, six représentants des îles et six du Continent Africain, a été élu. Il se compose comme suit :
Continent Africain Yusuf Mahmoud (Sauti za Busara / Zanzibar, President IOMN) Dan Chiorboli (Music Mix Durban / Afrique du Sud, Vice-President IOMN) Paulo David Sithoe (Logaritimo / Mozambique) Lee Walters ( Moshito Music Conference/ Afrique du Sud ) Hilda Kiel (Dhow Countries Music Academy / Zanzibar and Worlds of Indian Ocean / Kenya) Rashid Lombard (Capetown Jazz Festival / Afrique du Sud )
Iles de l’Ocean Indien Alain Courbis (Pôle Regional Musiques Actuelles / Ile de la Reunion, Secretariat et trésorier IOMN) Miera Savy (Festival Kreol / Seychelles) Percy Yip Tong (Cyper Produktion – Festival Samemsa / Ile Maurice) Max Etangsale (Artkenciel Festival / Ile de la Reunion, secrétaire adjoint IOMN) Alain Kamal Henry (Festival Intermizik / Mayotte, secrétaire adjoint IOMN) Pierre Emmanuel Fega (Angaredona Festival Antananarivo / Madagascar)
-« Travailler ensemble »
« On sent une vraie dynamique, une vraie volonté de tous ces gens de travailler ensemble, s’enthousiasme Alain Courbis. On n’attend pas de miracles immédiats car le gros handicap reste le coût des transports aériens au sein de cette zone élargie et les grosses différences de niveaux économiques entre les pays, mais la volonté est là. C’est la première fois qu’on réunissait autant d’acteurs locaux de tant de pays différents pour partager des expériences. C’est déjà une réussite en soi qui a encouragé tout le monde »
Premier acte du nouveau réseau, une charte éthique devrait bientôt être signée par l’ensemble des adhérents. En outre, un site Internet est en voie de création, ainsi qu’une plaquette bilingue (français-anglais) présentant l’ensemble des événements et des structures affiliées.
-Des perspectives prometteuses
Mais l’ambitieux réseau n’entend pas s’arrêter à de simples gages d’intention. Début septembre, l’IOMN se réunira à nouveau à Johannesburg, à l’occasion du Moshito Music Conference, pour avancer sur les projets. En outre, une quarantaine d’événements ont d’ores et déjà été identifiés pour que, dès la fin de l’année, les premiers projets de coopération se concrétisent en termes de programmation, de formation, de collaboration technique et de sauvegarde du patrimoine.
La Saison Réunionnaise en Afrique du Sud était soutenue par l’IFAS ( Institut Français d’Afrique du Sud) et l’Ambassade de France avec le soutien financier de l’Union Européenne ,les Conseils Régional et Général de la Réunion et de l’Etat français (Préfecture, Fonds de Coopération Régionale, DRAC…). Au-delà de la promotion de l’île de la Réunion, ces partenaires voulaient aussi aider à établir un projet de coopération durable dans la région pour les acteurs locaux du développement culturel.
Plus d’infos : Yusuf Mahmoud (busara@zanlink.com) / Alain Courbis (alain.courbis@runmusic.com).


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